Assis sur un fagot, une pipe à la main,
Tristement accoudé contre une cheminée,
Les yeux fixés vers terre, et l’ame mutinée,
Je songe aux cruautés de mon sort inhumain.
L’espoir qui me remet du jour au lendemain,
Essaie à gagner temps sur ma peine obstinée,
Et me venant promettre une autre destinée,
Me fait monter plus haut qu’un empereur romain.
Mais à peine cette herbe est-elle mise en cendre,
Qu’en mon premier état, il me convient descendre,
Et passer mes ennuis à redire souvent :
Non, je ne trouve point beaucoup de différence
De prendre du tabac à vivre d’espérance,
Car l’un n’est que fumée, et l’autre n’est que vent.
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Antoine Girard de Saint-Amant (1594-1661)
Saint-Amant, Œuvres t.1 1629; S.T.F.M., Paris; ISBN 2865031446
Saint-Amant, Œuvres t.2 1631; S.T.F.M., Paris; ISBN 2865031454
