Berceuse
Un jour, si je te perds,
pourras-tu dormir
sans q’au-dessus de toi je bruisse
comme une couronne de tilleul?
Sans que je veille, ici,
déposant des mots,
pareils à des paupières,
sur tes seins, tes membres, tes lèvres?
Sans que je te referme,
te laissant seule avec toi-même,
comme un jardin peuplé
d’anis étoilés et de mélisses?
—
Trad. Maurice Betz
