Je bois seul sous la lune
Parmi les fleurs, une cruche de vin
attend de bons copains et je suis seul.
Levant ma coupe, je convie la lune,
avec mon ombre devant moi nous sommes trois.
Bien que la lune ne sache pas boire,
et que mon ombre en vain me suive,
je me réjouis de fêter le printemps
en cette compagnie d’un instant.
Je chante, et la lune zigzague,
Je danse, et mon ombre titubante me tend les bras.
L’esprit clair, que la fête batte son plein !
Quand l’ivresse vient, que chacun aille son chemin !
Liés à jamais, mes compagnes sans passion,
sur la Voie Lactée l’un l’autre nous nous attendrons.
—
Ferdinand Stoces, in: Ferdinand Stoces, Le ciel pour couverture, la terre pour oreiller, Arles, 2003
