Boire seul sous la lune
Au milieu des fleurs, un pot de vin,
Seul, je me verse à boire, faute de compagnon,
Je lève ma coupe et invite la lune
Et, avec mon ombre, nous voici trois.
Mais la lune ne sait pas boire.
Et mon ombre ne fait que me suivre.
Pour l’instant, que la lune et mon ombre m’accompagnent ;
Quand on veut son plaisir, il faut profiter des moments.
Je chante, mais la lune hésite à s’avancer.
Je danse, mais mon ombre ne fait que s’agiter en désordre.
Quand je suis éveillé, nous réjouissons à l’unisson,
Mais l’ivresse passée, nous nous séparons.
Pour toujours liés ensemble, nous errons sans sentiment,
Et prenons rendez-vous, loin, sur la Voie Lactée.
—
Jacques Pimpaneau, in: Jacques Pimpaneau, Célébration de l’ivresse, Arles, 2000
